Sommaire
+ patron, on solde... pour tout compte
+ juste ou pas juste ?
+ écran total et risque zéro
+ archipel du basilic
+ dommage, dommage collatéral
+ pensées en plein d'août
 
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CHRoNiQueS D'uN iNSTaNT
Chronique de l'été deux-mille-deux Le 4 juillet 2002
Patron, on solde... pour tout compte (IV et fin)

"Le Bucher des Vanités"

Par l’étrange alchimie de la spéculation et de la déclaration, les nouveaux "tycoons" de la télécommunications, des médias et de l’Internet se permirent de croire à la transmutation des lignes en plomb du téléphone en or numérique et médiatique et à l’instar de Nicolas Flamel, célèbre alchimiste altruiste (1) du Moyen Age, ils proclamèrent haut et fort qu’ils avaient découvert la Pierre Philosophale Nouvelle qui transformerait le quotidien morne et cruel de tout terrien en un monde de communication et de divertissement.

Dans l’aveuglement général, ils édifièrent le Bûcher de leurs Vanités qui allaient les consumer quelques années plus tard. Les médias et les télévisions ne se privèrent dans aucun cas, de leur fournir le bois nécessaire. Et dans ce monde où l’image est reine, ces "futurs maîtres du monde" en devinrent les esclaves. Ils parcoururent tous les plateaux de télévision, ils s'affichèrent sur toutes les couvertures de magazines et ils répondirent à toutes les sollicitations de journalistes et d’animateurs de tout poil. Ils n’eurent de cesse d’apparaître dans cette ronde médiatique pour se persuader qu’ils existaient réellement et qu’ils n’étaient pas les avatars de leurs propres prétentions.

Parce qu’ils savaient que d’une mauvaise image donnée d’eux-mêmes, serait synonyme d’effondrement du cours de leurs actions en Bourse. Ils leur fallaient donc assurer sans relâche leur promotion, les entraînant dans une course folle à la dilapidation sans vergogne, de la quasi totalité des fortunes qui leur avaient été confiés. A fond sur les pensions, ils se jouèrent des petites actionnaires auxquels ils firent miroiter d’innombrables gains qui avec le recul, devinrent fictifs.

Mais voilà un jour du début de nouveau siècle, le manège s’emballa et la bulle Internet éclata. Ces magnats arrogants et autistes furent lâchés par tous ceux qui les encensaient il y a quelques semaines auparavant, levant ainsi le voile de ces mirages découvrant des débâcles financières à répétition(2), inimaginables il y a peu, prélude à d’éventuelles cataclysmes économiques et sociaux de grandes envergures.

La morale de terrible histoire est qu’une fois le film terminé, on doit quitté la salle sans demander le remboursement de sa place.

Pour conclure, une citation puisée dans "Le Prince" de Nicolas Machiavel :
"Mais il faut savoir se bien cacher et entendre l’art de dissimuler : car les hommes seront toujours assez simples et assez pressés par les besoins présents pour que celui qui veut tromper trouve toujours des dupes".

par Awat

(1) Propriétaire, avec sa femme Dame Pernelle, de nombreuses maisons dans le Paris moyenâgeux, ils accueillaient et nourrissaient les sans domicile de l'époque. L'un de ces lieux hospitaliers, nommé la Taverne du Haut Pignon et édifiée en 1407, existe toujours au 51 de la rue de Montmorency dans le 3ème arrondissement parisien.

(2) Sans aucune ressemblance avec « la réalité vraie », ils auraient pu avoir les noms d’Enron, de Worldcom, de QWest, de Mobilcom, de Tyco, d’Imeclone, de Xerox, de Vivendi et ainsi que tant d’autres qui ne se sont pas encore présentés

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