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"Le Bucher
des Vanités"
Par
l’étrange alchimie de la spéculation et de la déclaration,
les nouveaux "tycoons" de la télécommunications,
des médias et de l’Internet se permirent de croire à la transmutation
des lignes en plomb du téléphone en or numérique
et médiatique et à l’instar de Nicolas Flamel, célèbre alchimiste
altruiste (1) du Moyen
Age, ils proclamèrent haut et fort qu’ils avaient découvert
la Pierre Philosophale Nouvelle qui transformerait le quotidien
morne et cruel de tout terrien en un monde de communication
et de divertissement.
Dans
l’aveuglement général, ils édifièrent le Bûcher de leurs Vanités
qui allaient les consumer quelques années plus tard. Les médias
et les télévisions ne se privèrent dans aucun cas,
de leur fournir le bois nécessaire. Et dans ce monde où l’image
est reine, ces "futurs maîtres du monde"
en devinrent les esclaves. Ils parcoururent tous les plateaux
de télévision, ils s'affichèrent sur toutes les couvertures
de magazines et ils répondirent à toutes les sollicitations
de journalistes et d’animateurs de tout poil. Ils n’eurent
de cesse d’apparaître dans cette ronde médiatique pour se
persuader qu’ils existaient réellement et qu’ils n’étaient
pas les avatars de leurs propres prétentions.
Parce
qu’ils savaient que d’une mauvaise image donnée d’eux-mêmes,
serait synonyme d’effondrement du cours de leurs actions en
Bourse. Ils leur fallaient donc assurer sans relâche leur
promotion, les entraînant dans une course folle à la dilapidation
sans vergogne, de la quasi totalité des fortunes qui leur
avaient été confiés. A fond sur les pensions, ils se jouèrent
des petites actionnaires auxquels ils firent miroiter d’innombrables
gains qui avec le recul, devinrent fictifs.
Mais
voilà un jour du début de nouveau siècle, le manège s’emballa
et la bulle Internet éclata. Ces magnats arrogants et autistes
furent lâchés par tous ceux qui les encensaient il y a quelques
semaines auparavant, levant ainsi le voile de ces mirages
découvrant des débâcles financières à répétition(2),
inimaginables il y a peu, prélude à d’éventuelles cataclysmes
économiques et sociaux de grandes envergures.
La
morale de terrible histoire est qu’une fois le film terminé,
on doit quitté la salle sans demander le remboursement de
sa place.
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Pour
conclure, une citation puisée dans "Le Prince"
de Nicolas Machiavel :
"Mais il faut savoir se bien cacher et entendre
l’art de dissimuler : car les hommes seront toujours
assez simples et assez pressés par les besoins présents
pour que celui qui veut tromper trouve toujours des
dupes".
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par
Awat
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(1)
Propriétaire, avec sa femme Dame Pernelle,
de nombreuses maisons dans le Paris moyenâgeux, ils
accueillaient et nourrissaient les sans domicile de
l'époque. L'un de ces lieux hospitaliers, nommé la Taverne
du Haut Pignon et édifiée en 1407, existe toujours au
51 de la rue de Montmorency dans le 3ème
arrondissement parisien.
(2)
Sans aucune ressemblance avec « la
réalité vraie », ils auraient pu avoir les noms
d’Enron, de Worldcom, de QWest, de Mobilcom, de Tyco,
d’Imeclone, de Xerox, de Vivendi et ainsi que tant d’autres
qui ne se sont pas encore présentés
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